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Edito du dimanche 17 décembre 2017

Les Métroïdes sont-ils tous des (presque) clones ?

    Voilà bien la question que je me suis posé en parcourant de nouveau, il y a quelques mois, les terres désolées de SR388 à travers Metroid : Samus Returns. Pour bien comprendre ma question étrange, il faut introduire un concept biologique que certains d’entre vous connaissent peut-être et d’autres non : la parthénogenèse.

    La façon la plus évidente pour nous de se reproduire, à notre échelle bêtement humaine, reste la reproduction sexuée : un mâle produit des cellules mâles contenant une moitié de son génome, une femelle produit des cellules femelles avec également la moitié de son génome, les deux se rencontrent et fusionnent et paf, ça ne fait pas des Chocapic ® mais un nouvel être vivant possédant une moitié de gènes venant du père et l’autre moitié de la mère. Cette reproduction-là doit vous être familière puisque c’est celle qui est à l’origine de votre existence.

    Mais penser qu’il s’agit de la seule façon de faire et de la plus répandue serait une double erreur. En effet, de nombreux êtres vivants, comme les bactéries, se clonent tout simplement en se divisant presque à l’infini à une vitesse remarquable. Il s’agit d’une reproduction asexuée, les bactéries ne sont ni mâle ni femelle. Cela ne veut pas dire que les bactéries ne se mélangent pas entre elles, bien au contraire (on sait que les êtres unicellulaires échangent des gènes très souvent) mais ces échanges sont découplées de l’acte de la reproduction.

    Pourtant, certains êtres vivants plus complexes qu’une bactérie pratique parfois une reproduction sexuée… sans utiliser le deuxième sexe ! C’est cela la parthénogenèse : au lieu de nécessiter la fécondation d’un œuf par une cellule mâle, l’œuf entame sa division tout seul comme un grand pour former un embryon puis un individu complet. Et n’allez pas croire que cela se passe uniquement chez des bestioles rares ou étranges : de nombreux vers, insectes et autres arthropodes, et même des reptiles la pratiquent ! Elle a même été observée récemment chez un requin !

    Dans la plupart des cas, la femelle pond un œuf qui va se développer sans intervention d’un mâle pour donner naissance à un individu très proche de la mère… Pas totalement un clone, comme on le croit parfois, car de petites erreurs de copie d’ADN arrivent toujours à se glisser çà et là. Mais la descendance reste extrêmement proche de la mère.

    Vous vous demandez certainement où je veux en venir avec mon cours de biologie. Réfléchissez-y : si Samus affronte la Reine Métroïde à la fin de son périple sur SR388, jamais elle n’entend parler d’un « Roi Métroïde »… Or, son détecteur de Métroïdes est formel : après la Reine, ne reste plus que la jeune larve qui éclora sous ses yeux. Aucun autre Métroïde caché quelque part. On serait donc potentiellement enclin à croire que la Reine Métroïde était la seule de son genre. Or, si tel est le cas, pour pondre et enfanter tous les Métroïdes existants sur SR388, il a bien fallu qu’elle procède par parthénogenèse. Ce qui implique donc que tous les Métroïdes seraient quasiment des clones de la Reine, à quelques mutations près !

    D’aucuns me rétorqueront qu’un mâle reproducteur a pu exister dans le passé, et c’est vrai. On sait peu de choses du cycle de vie des Métroïdes, notamment sur le temps d’incubation des œufs. Une fécondation de la Reine a pu avoir lieu par le passé, la ponte prenant place peu après et les œufs restant, pour certains, en dormance pendant des années. Une autre possibilité est que la femelle, à l’image de nombreux insectes terrestres, possède une spermathèque, soit un organe capable de stocker la semence du mâle pour l’utiliser plus tard… La nature est bien faite.

    Mais n’oublions pas non plus un point important : les Métroïdes sont une création des Chozo ! Nous ne savons pas selon quels principes les Chozo ont conçu cette espèce : ont-ils pensé à la façon de se reproduire de ces bestioles ? Si tel est le cas, ont-ils créé un couple à l’origine de tous les Métroïdes ? Ou alors toute une troupe qui a ensuite formé une grosse population, de laquelle a émergé une Reine ?

    Impossible à dire. Mais si on s’en tient aux faits (une Reine et plein de descendants), on peut raisonnablement penser que la seule femelle pondeuse utilise la parthénogenèse pour se reproduire. Ce qui implique autre chose : il est possible que tous les Métroïdes soient, en conséquence, des femelles ! Une situation qui existe chez certains lézards, où les mâles n’existent tout simplement plus. Tous les Métroïdes seraient donc des femelles… Qui plus est, on peut raisonnablement penser que les Chozo auraient sans doute perdu moins de temps à créer uniquement une femelle capable de se cloner (ou presque) plutôt que de s’embêter à faire une espèce à reproduction sexuée. Cette théorie se tient plus ou moins.

    Cela dit, la parthénogenèse n’engendre pas toujours uniquement que des femelles. Dans plusieurs cas terrestres, elle peut n’engendrer au contraire que des mâles (sauf lorsque l’œuf est fécondé au préalable, donnant une femelle, laquelle sera inévitablement à l’origine des prochains œufs), soit un mélange des deux en proportion inégale. Mais le cas le plus fréquent reste les femelles exclusives. Tout simplement parce qu’on ne va pas s’embêter à créer des mâles alors que finalement, on y arrive très bien sans eux !

    Un bémol pour les espèces pratiquant la parthénogenèse massive : comme ils sont excessivement proches les uns des autres, tous les membres de la population ont les mêmes forces et faiblesses. Une petite maladie, un hiver trop froid et tout le monde y passe ou presque.

    De là découle ma dernière pensée au sujet des Métroïdes : l’espèce était-elle condamnée d’avance ? Pensez-y : une population potentiellement composée uniquement de femelles très proches les unes des autres au niveau génétique, réduite à une cinquantaine d’individus, avec une seule reine pondeuse… On peut dire que les Métroïdes étaient en danger critique d’extinction avant même que Samus n’arrive ! Quand une population en est à ce stade-là sur Terre, c’est très mauvais signe, car la moindre perturbation peut causer la disparition de tout le monde d’un coup. Cette perturbation s’est incarnée à travers Samus… Mais la chasseuse de primes n’a finalement peut-être fait que mettre le dernier coup de pied dans un édifice qui ne tenait plus qu’à un fil…

    Bref, à défaut d’apporter de vraies réponses à des questions de toute façon sans solution, j’espère que cet édito vous aura permis de vous questionner sur l’univers et sa cohérence biologique. Et, surtout, j’espère qu’il vous aura donné envie d’en savoir plus sur toute la biologie extraordinaire qu’on trouve sur Terre, tout aussi intéressante et souvent encore plus exotique que ce qu’on rencontre dans l’univers de Metroid

Bidoman

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Boarf, j'avais essayé de cliquer sur une news mais ça m'interessait pas en fait. Donc non.

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